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 [6 Variations] Un Billet pour l'Enfer

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Lady Spiegel

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MessageSujet: [6 Variations] Un Billet pour l'Enfer   Lun 27 Oct - 15:32

J'vous présente le résultat d'un défi que je me suis imposée à moi même via Livejournal et la communauté 6variations, en passe d'être terminé (plus qu'un texte en train d'être travaillé)
Ce défi?
Ecrire 6 textes sur un même thème, en ne réutilisant au maximum que deux fois le même univers/fandom.
Mon thème: Un billet pour l'Enfer.

Texte n°1
Original [inspiration histo/mythologie nordique]


Chevaucher les Chants

Autour d'elle, le silence se faisait, tandis qu'elle avançait, tranquille. Sa lourde cape noire, bordée de fourrure, masquait la moitié supérieure de son visage, découvrant un fin menton aux lèvres pâles. Sanglé sur son dos, le tambour et le bâton, symbole de son rôle d’errante et d’intermédiaire entre les mondes. Elle était de ceux qui chevauchent les chants
Soudainement, une jeune femme se plaça devant elle, interrompant sa marche.
-Vous êtes bien... la seidkona Helga?
-En effet, l'on dit que je suis seidkona, fille de l’orme (1), répondit la concernée de sa voix un peu rauque.
-Nous aurions un service à vous demander, je vous prie... Voici notre cadeau à votre égard, si vous acceptez, dit-elle, tendant à la mystérieuse le cadavre d’un lapin et un cordon sur lequel s’était glissé en guise de pendentif un morceau d’ambre brut –ambre qui fut apprécié du regard, et obtint un sourire satisfait.
- Menez-moi à la plate-forme. Car je suppose que vous l’avez installée ? chuchota Helga, tout en se saisissant doucement des présents que lui faisait la jeune femme.
Derrière elle, il y eu un mouvement agité. Une exclamation soudaine, violente et âpre :
-Païenne ! Hérétique ! Tu es condamnée à l’Enfer !
Lentement, si lentement, elle se retourna, un sourire terrifiant sur son visage pâle. Elle contempla l’homme qui l’avait apostrophée, et il ne semblait pas être le seul à vouloir la bannir de ce village. Ceux de la Terre contre Ceux du Ciel. Une bataille éternelle.
Elle ne put retenir un petit ricanement sarcastique, avant de repousser un pan de sa cape et de dénuder son bras gauche. Au creux de son poignet, la marque de sa consécration. A l’encre noire, dans sa peau, s’était inscrite la rune de sa Déesse, la rune de la Tombe, Ear (2).
-Mon cher ami, je suis déjà vouée à la Mort Elle-même… Ce n’est pas ton Enfer qui me fera peur, souffla-t-elle doucement. J’ai mon propre laissez-passer pour le Helheim (3). Pour ce monde que vous salissez du nom d’Enfer !
Autour d’elle, les gens reculèrent. Seule la jeune femme qui avait mandé ses services resta à ses côtés, même si sur son visage on pouvait lire quelque chose à mi-chemin entre l’admiration et l’appréhension. Helga se tourna finalement vers cette dernière, un petit sourire aux lèvres.
-La plate-forme, Sjöfn d’or (4), je te prie.
-Ah ! Oui, seidkona ! Je vous y amène tout de suite !
-Que chaque fille sachant les chants vienne ! Jeune demoiselle, j’espère que tu seras des leurs, susurra la femme en caressant la joue de sa guide, qui rosit légèrement.

(1) Dans la mythologie nordique, les femmes furent créées à partir d’un tronc d’orme.
(2) Rune faisant parti du futhork dit anglo-saxon.
(3) Hel (autre nom du Helheim-Royaume de Hel) a donné Hell en anglais et Hölle en allemand. Le Helheim est le monde des morts :3
(4) Sjöfn d’or=femme, encore :3


Texte n°2
Fanfic [Les Rougon-Macquart - La Bête Humaine ; Emile Zola]


L'Amazone des Rails

Ton regard brûle, comme brûle ton âme. La colère a coulé en toi, et à resserrer sa main, une main si douce et, pourtant, froide comme l’acier, autour de ton cœur. Alors même qu’il savait, alors même qu’il t’avait rejetée pour ce monstre à la gueule de métal, tu as découvert qu’il t’avait menti, et qu’il avait osé… osé…
Osé se pavaner, là, sous ton nez, sans jamais le savoir. Tous les jours, tu attendais le moment fatidique qui accompagnait la fin de la semaine. Ce moment, qui te tuait à petit feu. Quand l’air devenait brûlant comme la haine, chauffé par les mécaniques rougies de colère de la locomotive. Quand tu dois les voir passer, chaque semaine, lors de leur aller-retour hebdomadaire, tu te tends comme une corde d’arc, prête à tout. Mais tu ne peux rien faire, et cette incapacité te désespère intérieurement. Qu’importe le reste, que tu affronte avec cette morne expression qui est devenu le masque perpétuel de ton visage ! Ce que tu veux, c’est la vengeance. Le goût du sang et de la victoire sur ton palais en mal d’amour.
La rage cascade dans ton âme, sur ton corps musclé d’amazone. Et tu souris à la manière des carnassiers, quand tu sens dans l’air la possibilité de faire tomber la punition, de commencer ta vendetta sauvage. Tu es fière, belle ciguë, et tout aussi mortelle. Voilà ce qu’il avait oublié, en te rejetant, te dis-tu. Et si tu ne pouvais rien faire contre un chien à la gueule d’acier, tu peux briser avec une facilité démoniaque le corps frêle de la poupée de porcelaine qui lui sert de compagne. Tu la dévoreras. Tu lui feras comprendre que rien, rien ne lui est du, en ce bas-monde, et qu’elle n’avait pas à avoir l’audace de voler celui qui fait battre ton cœur.
Mais, un instant, tu tremble. Tu tremble de ne pouvoir réaliser ce que tu veux. L’engrenage serait pourtant si parfait. Mais quelqu’un arrive, tu ne peux t’enfuir pour défigurer les rails. Tu tourne comme une bête prise en cage. Tu rage. Tu hurle. Sans un mot, sans un cri. Ton regard contient tout, tout ce qui te brûle, mais personne n’arrive à le lire. Voilà bien ta chance et ton malheur tout à la fois. Tu sais qu’ils pourraient t’arrêter, s’ils voyaient ce qui te ronge, mais tu sais aussi qu’Il te fera subir toute ta mort les pires châtiments, car Il connait les tréfonds de ton âme.
Il sait que la belle amazone fera tout pour se venger. Et le diable en personne te donne l’occasion de le faire, digne de toi, guerrière sauvage ! Les chevaux des cavaliers de l’apocalypse te furent offerts, portant les pierres qui ruineront l’acier le plus puissant.
Tu sais bien que, quand le fer mordra la roche, tu auras scellé ton destin. Mais, tu l’espère, tu auras aussi scellé celui d’une poupée de porcelaine, trop fragile pour être digne de celui que tu aimes, et d’un conducteur de locomotive auparavant amoureux du métal…
Alors, quand crissent les roues, quand les wagons s’éventrent contre ta muraille, tu te sens soulagée. Quand le feu dévore certains êtres, quand les blessures en tuent d’autres, quand l’enfer s’abat sur les innocents, toi, tu soupire de joie. Peu importe le nombre de sacrifiés pour ta cause désespérée, peu importe le nom de ceux qui ne se relèveront pas de leurs plaies et de ceux qui en souffriront toute leur vie ! Tu désirais expurger ton âme, la vider à jamais de ta colère et de ta rage. Quand tu vois le désastre que tu as causé, certaine qu’ils sont morts à jamais, alors, enfin, tu souris.
Mais alors le cri de la vie transperce tes tympans martyrisés. Ton cœur s’élance, brûlant de douleur. Le diable t’as promis la mort, il t’a donné la vie, jeune amazone : des décombres sanglants, on extrait Jacques, sonné, mais entier, l’esprit toujours présent et son cœur battant toujours pour Séverine.
Et tombe sur toi le désespoir le plus noir. Tu viens seulement d’acheter ton billet pour l’Enfer, Flore, et tu le sais. Alors tu t’éloigne. Doucement. Tu veux ignorer les cris qui ragent, le regard hébété, et tu veux souffrir, seule, mourir, seule.
Rejoindre la mort qui est l’unique à avoir le droit de te prendre ta virginité d’amazone. Rejoindre la mort qui t’enverra dans les flammes.
Tu es l’amazone des rails, et tu mourras sur les rails.
Ils furent ta vie, ils honoreront ta mort.
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MessageSujet: Re: [6 Variations] Un Billet pour l'Enfer   Lun 27 Oct - 15:32

Texte n°3
[La Bible


Si vous avez des problèmes avec des réécritures de personnages bibliques, passez ce texte, parce que je m'en suis donnée à coeur joie sur Judas \o/

The Kiss of Judas

Behind your eyes, the Gate to Heaven,
Blue, the sky of your soul, the key of my heart,
I'm locked, I'm locked, behind my pain,
My way is the Hell, for the Heaven!

L'image obsédante, la corde, le sang. Pour tes yeux, j'ai fini par pleurer. De Dieu j'ai perdu la trace, et de toi, son Fils...
Je l'ai retrouvée.
Perdu dans une âme souillée, un coeur malsain, quelques péchés, il y avait là... L'Amour.
La Maîtresse de ma vie, un Enfer, ma voie, ma mort.
Eternelle.
L'Amante de l'Infini damnation. De mon supplice éternel. Pour toi et ton destin. Pour Toi et ton Père.

Behind my eyes, the loneliness,
Black, the only one, back in time,
I'm locked, I'm suffering, back to the wall,
For your way to the Heaven.

L'image rémanante, les larmes, l'épine.
Percée, ma poitrine balafrée, par les griffures de ma haine, le fouet de ma honte! Pour tes yeux, j'ai fini par abandonner, tout espoir de repos, et la promesse, éphémère, que l'on me fit: vivre? Qu'est-ce que cela? J'ai tout perdu pour la vie: j'en mourrai par là même. Le Traitre l'était par amour, répondant aux ordres. Il est renié. A jamais.
Le noir est ma vie, l'abandon mon fardeau, tel l'amour impur de la Terre brûlée pour le Ciel sacré.

Behind our eyes, something without name,
For the two of us, it is a shame,
Grey, the blend of two souls,
The love of Hell and Heaven.

Roi des Ronces, j'ai tressé la couronne, mes mains blessées ont jeté le fardeau, Seigneur, sur tes épaules. Et brille, l'argent taché du sang qui s'écoula de mon corps, du sang de l'Amour.
Honni par le Père. Honoré par le Fils.
Amour exigé, martelé, écrit en lettres rouges, Fille de la Fatalité qui s'était abattue sans un mot, sans excuse. Les douleurs qu'elle marqua sans pitié sur nos âmes était le fer rouge qui bannissait les péchés, les détournant tous sur l'Homme qui Trahit, celui qui ne pouvait qu'obéir aux ordres.
On tua le Messie, et l'on maudit le Pécheur Suprême, celui qui avait eu le malheur de tant aimer qu'il ne pouvait qu'accepter de voir mourir son coeur pour le monde.
Car le monde est ainsi fait que seule la douleur du crudifié et du pendu pu bannir la douleur du miséreux et de l'abattu.

It's... the Kiss of Judas,
Blending the life of opposite,
It's... the Kiss of Jesus,
The thorn of the whole new world,
It's... a Kiss,
The hex of their lives,
It's... the Kiss of Judas.

Texte n°4
Original [Nacht und Nebel]
Double contrainte: Un Billet pour l'Enfer/Viens je t'emmène


La Démone des Glaces

Il y avait quelque chose de doux dans ce paysage. La blancheur opaque recouvrait le paysage, peinture d'une obsédante monotonie, mais à la fois si tendre au regard qui savait apprécier les teintes variées de la neige. Quelques éclairs bleus, deux ou trois touches de jaunes, les verts de la nature endormie et les noirs de la terre fertile, le tout écrasé dans le blanc manteau de la mort. L'endroit était un désert, un hymne à la solitude immaculée. Mais, au loin, il y avait quelque chose qui dérangeait l'œil. Qui titillait l'harmonie parfaite de cet endroit morne, désolé, et pourtant si beau.

Un tâche de sang dans la robe de la terre. Une tâche écarlate, étalée dans la neige, comme morte. Si lointaine qu'on la prendrait presque pour un mirage, une illusion due à la fatigue, à l'éclat si vif et brillant de la neige. Mais, finalement, cette tâche se met en mouvement. Se relève. Et découvre un visage pâle, encadré par des cheveux noir comme l'ébène. Un visage effrayé, marqué par la peur, si soudaine et brutale, qui s'était abattue sur elle.

-Snow...? murmura-t-elle, doucement, la gorge bloquée. Bloquée par les larmes qui montaient à ses yeux et les sanglots qui se blottissaient en elle.

Et il n'y eu pas une réponse, il n'y eu que le vent qui gémit, avant de retomber. Elle serra ses mains, les ramenant contre sa poitrine, et se mordit les lèvres, les yeux brillants.

-Tu m'as trahie, Astrid. Tu m'as trahie!

Le cri lui transperça les tympans, et elle hurla en pleurant, suppliant son inconnue de lui laisser une nouvelle chance. Sa voix finit par s'éteindre, comme son regard, vide et terne. Et elle s'écroula, sanglotant dans la neige qui mordait son visage, brûlant ses pauvres larmes. Elle avait tout perdu...

-Tu savais pourtant, souffla sa voix, derrière elle.

Sa voix. Si obsédante et si belle. Elle ferma les yeux, imaginant les yeux de glaces, les cheveux de neiges, les lèvres si bleues... et elle gémit, encore, toujours.

-Tu savais, pourtant, lui répéta la voix. Tu savais, mais tu m'as trahie.

~O~

Elle se réveilla en hurlant. Elle n'entendit pas qu'à côté d'elle, quelqu'un s'agitait, courrait à sa rencontre. Elle était tout à sa douleur, pleine et entière, quand elle sentit deux mains qui, gentiment, tentèrent de la rallonger.

-Snow...? souffla-t-elle, encore toute à ses délires nocturnes.

-... Non. Ludwig, lui répondit la voix, peinée, de son plus jeune fils.

Alors, elle ouvrit les yeux, et contempla le visage du fruit de sa trahison, cette trahison forcée par les intêrets de sa famille, cette trahison dont elle ne voulait pas et qui, peu à peu, l'avait faite sombrer loin de la réalité. Il avait l'air si triste! Ces yeux sombres, envahis d'une brume soucieuse, s'inquiétaient-ils pour elle? Il semblait si éloigné et si proche à la fois... Elle tendit la main, effleura sa joue, et obtint un sourire, si doux.

-S'il te plait, mère... Repose toi.
-Je ne peux pas, croassa-t-elle. Elle est là. Elle m'attend...
-Mère...

Il savait. Il connaissait, tout cela. Toutes les nuits, il se levait, pour venir la voir, maintenant que son grand frère n'était plus. Depuis que Heinrich était mort, lui seul avait bien voulu s'occuper d'elle. Les autres... ils avaient soit disparu... soit...

Elle secoua la tête. Elle ne voulait pas penser à tout cela. Et ses pensées revinrent sur son obsession, sur sa déesse, sa démone, son amour. Ce qui l'entourait s'effaça, lentement, et elle retomba dans son lit.

Elle n'entendit pas le soupir attristé de son fils. Elle ne le vit pas se détourner, et essuyer ses yeux d'un air rageur. Elle ne le voyait plus, et elle ne l'avait jamais réellement vu. Elle ne le vit pas fermer avec douceur la porte, elle ne l'entendit pas retourner, à pas lourds, dans sa chambre. Elle ne savait rien de lui. Elle ne savait rien de ses douleurs, ni de ses joies. Elle ne savait pas son âge, se souvenait difficilement de son nom.

Elle ne savait pas que, certaines nuits, après être venu calmer ses hurlements, Ludwig pleurait en silence au pied du lit de celle qui fut, un jour, sa mère, déversant son trop plein de douleur muette, souffrant de l'ignorance de ceux qui l'avaient mis au monde.

Non, elle ne savait rien de sa propre famille, de sa propre descendance, de ses enfants, morts ou vifs. Elle ne savait rien de son mari, qui l'ignorait tout autant désormais. Mari qui venait, avant, dans les nuits, en silence, mais maintenant qu'elle ne pouvait plus donner la vie, elle n'était plus digne de son intêret. Elle ne savait rien, ou peut être qu'elle ne voulait rien savoir. Que pouvait lui apporter la réalité, si ce n'est un lot de souffrance en plus?

Les démons qui peuplaient sa nuit prenaient bien trop de place en son âme pour qu'elle accorde le moindre regard, le moindre véritable sentiment, plus qu'un haine diffuse et une farouche curiosité, à ses enfants.

~O~

-Lève-toi.

Elle ne dit rien, reconnaissant cette voix entre toutes. Elle ne dit rien, elle savait, et son cœur, en un instant, s'apaisa. Alors, elle se leva.

-Tu as fait ce qu'il fallait, Astrid. Désormais, tu vivras avec moi pour toujours, pour l'éternité, dans ce que d'autres auraient appeler l'enfer des glaces... Mais je sais que tu y vois toutes les beautés qui s'y cachent.

Elle sourit. Snow était là, juste derrière, posant sa main blanche sur son épaule dénudée. Elle sentit un baiser de glace se poser sur sa joue, elle sentit de longs cheveux blancs se répandre sur son corps.

-Nous allons partir ensemble, Astrid. Pour l'éternité, tu seras avec moi.

~O~

-Elle est partie, murmura Ludwig, un sourire douloureux aux lèvres.
-Tu as fait ce que tu as pu, petit frère. Mais elle était...
-Je sais. Au moins, elle sera heureuse, désormais, avec sa démone des neiges, avec cette... Snow, soupira-t-il. Bérengère...
-Elle ne nous avait jamais traitée comme ses enfants, mais... Je ne voulais pas te laisser seul.
-Merci... j'avoue que... je n'aurais pas pu supporter...
-Toi, le grand guerrier? Incapable de...?
-Toutes les nuits, je la recouchais, Bérengère, tous les soirs, je m'occupais d'elle... j'étais son seul lien avec la réalité, mais elle m'ignorait... Passer cette veillée seule... cela aurait été trop dur pour mes nerfs, marmonna le plus jeune, retenant les sanglots qui commençaient à monter en lui.

Sa sœur ainée ne dit rien, et se rapprocha de lui, le prenant dans ses bras, tentant de l'apaiser comme elle l'avait toujours fait, tout en contemplant le cadavre froid et souriant de celle qui fut, parait-il, leur mère.
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MessageSujet: Re: [6 Variations] Un Billet pour l'Enfer   Lun 27 Oct - 15:32

Fic n°5
Original [Inspirée par Colloque Sentimental de Paul Verlaine]

Le poème Colloque Sentimental est de Verlaine, je tiens à le rappeller oô


Colloque Sentimental

-Putain j'y crois pas. T'es vraiment ... vraiment...
-Quoi? Qu'est-ce que tu veux, Céline?!
-Tu empestes l'alcool, tu es avachi comme une pauvre merde sur mon canapé, dans mon appartement...
Il sourit d'un air mauvais et pourtant mal assuré.
-On est marié, pourtant.
-Ouais. On est marié, ouais. Et on est comme les deux pauvres cons de Colloque Sentimental.
-Tu m'ressors encore ta connerie de poème de Verlaine?
-Ouais, Paul. Ce poète que t'aimais bien, avant, dont t'étais bien content de porter le prénom. Dommage qu'il t'ai porté la poisse avec Arthur, hein?
Elle sourit, sauvage. Il se ratatine dans le canapé, un lueur farouche dans son regard voilé par l'alcool.
-Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé...

Merde, faut que j'me souviennes de la suite. Mais c'est comme ça qu'tu veux finir? Qu'tu veux qu'on finisse? T'étais bien mignon, il y a vingt ans, et maintenant, tu dérailles complètement!
- -Te souvient-il de notre extase ancienne?
-Pfeuh ... -Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?
-Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois tu mon âme en rêve?
. -Non.

Qu'est-ce que tu crois, Paul? La réponse est si simple : « non ». Il avait raison, Verlaine, les femmes se lassent très vite. Surtout quand, en face, on doit subir un alcoolique dépravé.
-Je ne...!
- « Je ne »...? Tu ne couchais pas avec d'autres femmes? Tu bois pas trois bouteilles de whisky et peut être autant de vodka, plus les autres alcools que tu dois boire en cachette? T'as pas essayé de draguer mon frère et eu une relation avec lui? Tu m'as pas fait cocue avec mon propre frangin, hein?! Et depuis qu'il est mort, ah! La Céline, elle peut aller se faire foutre!
-Céline..
S'il avait pu disparaître dans ce canapé, il aurait tout fait pour cela, le regard de sa femme l'analysant et le scrutant sans pitié, troublant le peu de clarté de son esprit.
- -Ah! Les... beaux ... jours de bonheur indicible...
Où nous joignions nos bouches!
. -C'est possible.

Mais c'est un de tes rêves idiots. Tu as tout fait rater, Paul, même si il semble que tu es une bonne mémoire. Si tu te mettais à hurler et peindre les choses en doré, encore... Mais tu restes planté là, ta bouteille à la main, recroquevillé dans mon canapé -que tu as intérêt à désinfecter avant de partir d'ailleurs- ...
-... partir?
-Tu croyais vraiment que j'allais te garder ici? Je n'en peux plus, Paul! Je n'en peux plus de tes histoires!
- Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!
- -L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

J'ai rendez-vous demain avec mon avocat. Je vais demander le divorce, Paul. Tu es irresponsable, tu es...
Elle sourit avec une pointe de tristesse. Elle contemplait l'homme en face d'elle, et se sentait triste, si triste. Il n'avait rien écouté de ses anciens conseils, mais...
-Paul, sincèrement...
-Tu veux m'conseiller encore une fois la cure?
-Qu'est-ce que tu veux qu'j'fasse d'autre, merde?! T'es malade! Malade, Paul!
-Malade d'avoir aimé ton frère?
Il hurlait, de toute ses forces. Elle le toisa, froidement.
-Malade de la mort de mon frère. Malade de la fin de votre putain d'histoire. T'imagines? Vous m'en auriez parler... Mais noooon.
-... Tu...
- Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

... La fin est triste, n'est-ce pas? Notre colloque sentimental est fini, Paul. Fini. J't'héberge encore cette nuit... j'accepte de t'payer le psychiatre, les frais d'hôpital, tout, pour que tu te soignes... Mais tu dégages de ma vie sentimentale.
-Céline...
-Aller. Lève-toi. Va gerber dans la salle de bain. Je mets le point final à ta descente aux Enfers.





NB: ça vous en fait, de la lecture, là, j'avoue... XD""
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MessageSujet: Re: [6 Variations] Un Billet pour l'Enfer   Lun 27 Oct - 15:43

J'ai lu le début, enfin le premier texte, ça me plait beaucoup.
J'pense que j'vais poursuivre x)

_________________

"There's someone in my head but it's not me"
.PINK FLOYD x3
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